Quatre ans à Bercy, le bilan : Rue89 fait le procès de Lagarde

Christine Lagarde brigue la succession de DSK à la direction générale du FMI : un poste qui exige, selon les statuts de l'institution, « un parcours exceptionnel dans le domaine de la politique économique ». Il convient donc d'examiner l'action qu'elle mène, depuis le 19 juin 2007, à la tête du ministère de l'Economie.

Réquisitoire du procureur

Christine Lagarde n'était pas faite pour ce poste, c'est désormais une évidence. A l'image du Président qui l'a choisie, elle s'est surtout agitée pendant ces quatre années, oubliant de réfléchir. Soucieuse de transparence, elle nous avait d'ailleurs prévenus le 10 juillet 2007 :

« Assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. »

Quelques mois après cette sortie, alors qu'ils sont confrontés à une forte hausse du prix du pétrole, l'avocate égarée en politique conseille aux consommateurs de rouler à bicyclette. C'est Marie-Antoinette au XXIe siècle.

Une fade exécutante qui ne laissera pas de traces

Bien sûr, l'Elysée a continué de lui faire prendre la lumière, avec son carré Hermès et sa silhouette d'ex-championne de natation synchronisée, mais que le tribunal ne s'y trompe pas : toutes les décisions essentielles ont par la suite été orchestrées par l'axe Stéphane Richard-François Pérol. Le premier était son directeur de cabinet, son tuteur, et l'ami de Nicolas Sarkozy. Le second était secrétaire général adjoint de la présidence de la République.

Devenue simple exécutante, elle a été condamnée à défendre des textes auxquels elle ne souscrivait pas, comme la baisse de la TVA dans la restauration.

A part ses anglicismes et une loi censée encadrer le crédit à la consommation, à laquelle elle a légué son nom, pensant ainsi s'immiscer dans le quotidien des Français (tous des surendettés en puissance) elle ne laissera en fait aucune trace :

  • la loi dite « TEPA » (le fameux « paquet fiscal ») a été peu à peu détricotée ;
  • la loi de modernisation de l'économie (LME) reste un coup de bluff sans lendemain vis-à-vis de la grande distribution ;
  • la défiscalisation des heures supplémentaires (le fameux « travailler plus pour gagner plus ») n'a pas provoqué le sursaut de pouvoir d'achat espéré ;
  • et la fusion de l'Anpe et de l'Unedic en un unique Pôle emploi, qu'elle a défendue, a connu des couacs en série.
  • Oublieuse de l'emploi et inconstante, elle manque de cohérence

    Cette femme, c'est incontestable, manque cruellement de cohérence. En pleine crise financière, elle se dit « choquée » par le montant des bonus octroyés par les banques aux traders, mais repousse l'idée d'une loi qui pourrait les encadrer. Inconstante Christine Lagarde.

    Obnubilée par le sort des banques, elle en a oublié la lutte contre le chômage. Depuis qu'elle est aux ... Read more