Doc News : Condé Nast France évolue sur le digital, cette transition a été initié il y a longtemps chez Condé Nast USA. Pour quelles raisons?Sarah Herz: Le digital dépendait d’une structure internationale et non des pays. Il y avait une stratégie de portail, par genre: masculin, féminin qui regroupait les marques, GQ était fondu dans Men’style. Cela allait un peu à l’encontre de ce qui fait la magie du groupe, à savoir avoir un axe fort sur les marques.
Aujourd’hui, la stratégie mondiale de Condé Nast c’est de dire, nous sommes des « brand builders » et pas un groupe de presse mais un groupe multimédia de media.
Ma mission est de porter, non pas sur le web mais sur le digital les marques parce que le web est une toute petite partie du digital aujourd’hui. Notre mission, c’est de digitaliser l’entreprise (les abonnements, les organisations...). L’autonomie des pays permet d’être en accord avec les marques, lorsqu’on désolidarise un media d’un autre, on ne peut pas avoir de discours de marque.
DN : Quelles ont été les premières « digitalisations» ?
Sarah Herz: Nous avons relancé le site de GQ en axant sur l’ADN de la marque, et celui de Glamour. Pour GQ, le concept digital est d’être l’autorité un peu stylé sur le monde digital, avec un regard très quotidien car il a été instauré un desk quotidien, qui est un peu un prisme très très stylé sur l’actualité. On vient de lancer une chaîne sur les présidentielles avec un observatoire du style. On a relancé Glamour avec à son cœur l’idée de « snacking ». Nous nous adressons à un lectorat de filles hyper curieuses. Glamour donne à voir, entendre, découvrir tout ce qui peut les intéressée.
Le projet de l’année c’est le lancement du site vogue, le 6 février. Le concept c’est le site de Vogue ! Vogue doit être visible dans chaque pixel , chaque police, images, dans chaque personne qu’on suit, défilé qu’on couvre, dans chaque backstage qu’on dévoile, c’est le site de Vogue.
En terme d’organisation on implique la rédaction du magazine, ce qui n’était pas le cas avant . Les liens se font à tous les niveaux aujourd’hui : au niveau du print et du web, mais aussi des bases de données, des abonnements… Il n’y a pas un événement qui ne connaît pas un retentissement sur le digital.
Nous avons beaucoup travailler avec Delphine Royan, l’éditrice de Vogue, Emmanuelle Alt orchestre les contenus. Une sélection de chaussures éditée sur le web doit correspondre aux orientations du magazine. Vogue c’est statutaire, ce sont des partis pris et avant tout un œil. Donc l’œil de vogue doit être digital mais doit rester l’œil de Vogue et correspondre à l’ensemble de la rédaction.
La clé de voûte c’est l’organisation. Nous avons trouvé un modèle qui est assez souple Jennifer Neyt la rédactrice en chef du site, est en immersion. Vogue martèle des tendances, c’est parfois irrationnel, ... Read more

