Les anti-nucléaires mitraillent l'hypocrisie française. Alors que Paris insiste au G8 sur l'importance des normes de sûreté des centrales nucléaires, la France est la première à chercher à affaiblir les tests de sécurité européens.
La sûreté nucléaire, c'est le premier thème de travail au menu des dirigeants du G8 réunis à Deauville jeudi 26 mai. La thématique s'est imposée à l'ordre du jour après la catastrophe de Fukushima.
Nicolas Sarkozy l'a répété sur la scène internationale, il compte sur le G8, qu'il préside, pour fixer des règles mondiales plus strictes en matière de sûreté nucléaire. Mais Karine Gavand, qui suit pour Greenpace le sommet de Deauville, juge que la démarche du chef de l'Etat n'est « pas sincère ». Pour les ONG, c'est une évidence : la France compte faire de ces règles internationales « un étalon pour vendre l'EPR » - le réacteur français de 3ème génération réputé plus sûr, puisque plus moderne (1). Pourtant, martèle Karine Gavand, « la première leçon qu'on doit tirer de Fukushima c'est que le nucléaire sûr n'existe pas. » Même critique chez WWF. Pour Elise Buckle, elle aussi observatrice du G8, « la France se comporte en véritable pompier pyromane du nucléaire. Elle cherche à tout prix à exporter ses centrales (...) Elle sème les graines de potentiels accidents nucléaires et vend ensuite ses experts pour venir en aide aux pays victimes de catastrophes. »
Stress test a minima
Un nuage sous-évalué
Comme au moment de l'épisode du nuage de Tchernobyl, la France n'a pas fait preuve de transparence au moment où un nuage radioactif provenant de Fukushima a survolé la France, en mars dernier. C'est ce que dénonce la CRIIRAD, mercredi 25 mai. L'organisme indépendant de recherce sur la radioactivité a adressé un courrier au Premier ministre pour demander une enquête sur la fiabilité de l'expertise.Pas d'alarmisme : les doses étaient si faibles qu'elles ne pouvaient avoir d'impact sur la santé publique. Pour autant, l'organisme déplore de « graves dysfontionnements » dans l'évaluation de l'impact de ces rejets sur le territoire français, sur au moins trois points. Selon la CRIIRAD, les masses d’air contaminé par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima sont arrivées sur la France le 22 mars, 2 jours avant la date indiquée par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ; elles ont affecté les trois quarts de la France (et non pas le seul sommet du Puy-de-Dôme) ; l’activité de l’iode 131 particulaire était plus de 20 fois supérieure à celle annoncée pour le 24 mars.
Les anti-nucléaires pointent du doigt une autre facette du « double discours » du chef de l'Etat. Tout en affichant sa volonté « normes internationales de sécurité au plus haut niveau d'exigence », la France (en compagnie de la Grande-Bretagne et de la République tchèque) n'a cessé de faire pression pour réduire la portée des « stress test ... Read more

