Débat - Le lancement manqué de France.fr a provoqué beaucoup de réactions du monde du Web. Pour ZDNet.fr, les hébergeurs Gandi, Octopuce, Claranet et le prestataire de service en disponibilité Liazo reviennent sur l’affaire et donnent leurs conseils pour le lancement de sites d’envergure.
Le site France.fr, lancé le 13 juillet au soir, est tombé sous le poids de seulement 25 000 visiteurs quelques heures après sa mise en ligne. Selon ses initiateurs, le Service d'information du gouvernement (SIG), il ne reviendra pas en ligne avant fin août, avec changement d'hébergeur à la clé.
Les experts du Web n'ont pas tardé à railler le site et proposer leur vision du ratage. Quatre experts de l'hébergement et de l'infrastructure nous exposent leurs vision et solution au problème France.fr.
Stephan Ramoin, Gandi : « C'est un gâchis »
Pour Stephan Ramoin, pdg de l'hébergeur Gandi, ce projet a avant tout souffert du manque de connaissances techniques. « C'est typique de projets lancés avec insuffisamment de connaissances techniques, ce qu'on voit relativement souvent » se lamente-t-il.
Il regrette le manque de soutien de l'Etat, notamment sur des projets d'une telle importance. « On est dans le domaine du jamais vu. C'est un projet important pour la France et ils ne sont même pas capables de voir qu'ils ont sous les yeux une solution. »
« France.fr aurait été l'occasion de montrer quelques bonnes technologies françaises. C'est un gâchis ! »
Le responsable prêche évidemment pour sa paroisse : « s'ils ont besoin de conseil, d'aide, on est là pour les aider, comme pour tous les clients que nous avons le plaisir de servir ».
La partie technique est pour lui le parent pauvre de ce portail. « Souvent ces projets n'ont pas de responsable ou de référent technique. Il y a un problème de professionnalisme : les projets sont souvent gérés par le marketing, le commercial, pas la technique. »
Pour Stephan Ramoin, « c'est un problème de choix technologiques. On a dû payer 10 à 20 fois trop par rapport à ce que cela aurait dû coûter ». Selon différentes sources, le budget du site avoisinerait le million et demi d'euros, la moitié ayant déjà été dépensée.
Pour lui, ce type de projet requiert de bons tests de charge (charge initiale et évolution) tout en prenant compte de nombreux paramètres, dont l'interactivité, les types de contenu (texte, images, vidéo...) ou le nombre de rédacteurs. Ce qui aurait été sous-estimé ici.
Benjamin Sonntag, Octopuce : « Un manque de professionnalisme »
Même tonalité du côté de Benjamin Sonntag d'Octopuce, hébergeur de nombreux sites Drupal (un CMS Open Source à la base de France.fr), dont Mediapart, pour qui la partie technique a en effet été négligée.
« Sur les projets lourds avec de gros appels d'offres, les budgets développement, conception et communication existent mais il n'y a pas de budget pour l'infrastructure et la technique » regrette-t-il.
« On est à la limite de l'entendement. J'ai entendu qu'il y a ... Read more





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